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Maison · 02 Sep 2026 · 19 min de lecture

Chiner et acheter d'occasion dans le Roannais : brocantes, dépôts-ventes et ressourceries du bassin

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Fred
Rédacteur
Chiner et acheter d'occasion dans le Roannais : brocantes, dépôts-ventes et ressourceries du bassin

Il y a des territoires où chiner relève du loisir. Dans le Roannais, c'est presque une conséquence logique de l'histoire locale. Un bassin qui a fait tourner des centaines d'ateliers textiles, des fonderies, des ateliers de mécanique, ça ne se vide pas d'un coup : ça se dépose, ça se stocke dans des greniers, ça ressort trente ans plus tard sur une table de vide-greniers un dimanche matin. Et c'est précisément ce qui rend le coin intéressant.

Concrètement, le périmètre utile couvre Roanne et sa couronne (Riorges, Mably, Le Coteau, Villerest), la Côte roannaise avec Renaison et Saint-Haon-le-Châtel, le pays de Charlieu, la plaine jusqu'à Saint-Germain-Laval, et les villages accrochés aux Monts de la Madeleine. Une trentaine de kilomètres dans chaque direction, pas plus. Suffisant pour couvrir quatre circuits d'occasion qui n'ont, dans les faits, presque rien en commun.

Car c'est là que beaucoup se plantent. Une brocante de village, un dépôt-vente de meubles en zone commerciale et une ressourcerie associative ne fonctionnent pas du tout de la même façon. Les prix ne se forment pas pareil, la garantie n'existe pas partout, et la fraîcheur du stock varie du tout au tout. Autant le savoir avant de partir un samedi matin avec un budget et un utilitaire de location.

Comprendre les quatre circuits de l'occasion dans le bassin

Chiner et acheter d'occasion dans le Roannais : brocantes, dépôts-ventes et ressourceries du bassin

La brocante et le vide-greniers : l'événementiel

C'est le circuit le plus visible, et le plus capricieux. Une manifestation, un jour, des exposants qui déballent et remballent. Rien ne garantit qu'il y aura quoi que ce soit d'intéressant, et c'est justement ce qui fait le sel de l'affaire.

Trois formats à ne pas confondre. Le vide-greniers réunit des particuliers qui écoulent ce qu'ils ont chez eux, avec une limite légale de deux participations par an et par personne. La brocante professionnelle rassemble des marchands déclarés, qui achètent pour revendre : les prix sont plus fermes, la marchandise plus triée, et on y trouve rarement le lot de vaisselle à deux euros. Le déballage, lui, est une vente exceptionnelle autorisée par la mairie, souvent adossée à une fête locale.

Dans le Roannais, ce qui remonte le plus souvent sur les tréteaux : de la vaisselle des années 60-70 en pagaille, du linge de maison brodé, de l'outillage à main, du petit mobilier, et régulièrement des pièces qui trahissent le passé industriel du coin. Machines à coudre Singer ou Bernina, ciseaux de coupe, boîtes à bobines, mètres de tissu jamais utilisés. Un chineur parisien passerait à côté sans comprendre ce qu'il a sous les yeux.

Le dépôt-vente : le stock permanent

Là, on change complètement de logique. Le dépôt-vente est un commerce ouvert toute l'année, qui ne possède pas la marchandise : il la vend pour le compte de quelqu'un d'autre, en prélevant une commission au passage. Généralement entre 30 et 50 % du prix de vente selon les enseignes, la catégorie d'objet et le service rendu (transport, remise en état, mise en valeur).

Le mécanisme est simple. Vous déposez, l'objet reste exposé pendant une durée convenue (souvent deux à trois mois), il subit une démarque progressive s'il ne part pas, puis il vous est rendu ou cédé à la boutique. Tout est écrit dans le contrat de dépôt. Lisez-le, vraiment.

Le bassin roannais compte des enseignes généralistes en périphérie et des boutiques spécialisées en centre-ville : mobilier, prêt-à-porter, puériculture. Chacune a ses critères d'acceptation, et ils sont plus stricts qu'on ne l'imagine.

La ressourcerie : la filière du réemploi

Modèle radicalement différent. Ici, on donne. Gratuitement. L'association trie, teste, nettoie parfois répare, puis revend à prix solidaire dans sa boutique. Le donateur ne touche rien, et c'est assumé : ce qu'on y gagne, c'est de savoir que le meuble n'a pas fini écrasé dans une benne à encombrants.

Les prix sont fixes, affichés, et généralement très bas. Pas de négociation. Le stock tourne vite parce que les arrivages sont quotidiens et la surface limitée. Un canapé correct peut partir en quarante-huit heures. La conséquence pratique : il faut y passer souvent plutôt qu'y chercher longtemps.

Dimension supplémentaire, et elle compte : la plupart de ces structures fonctionnent en chantier d'insertion. Les personnes qui trient, réparent et tiennent la caisse sont en parcours de retour à l'emploi.

Les circuits informels et numériques

Les groupes de vente entre particuliers sur les réseaux sociaux ont pris une place considérable, notamment sur les gros volumes que personne ne veut expédier. Les plateformes nationales filtrées sur le code postal complètent le tableau. Et puis il y a les bourses aux vêtements et bourses aux jouets, organisées par les associations de parents d'élèves et les comités des fêtes, souvent en octobre et en mars.

Ce sont d'excellents circuits, à condition d'appliquer les précautions de base : voir l'objet avant de payer, privilégier un lieu public ou le domicile du vendeur, et se méfier de toute demande d'acompte avant rencontre.

Les brocantes et vide-greniers : où et quand

Chiner et acheter d'occasion dans le Roannais : brocantes, dépôts-ventes et ressourceries du bassin

Une saison qui commence en avril

Le calendrier local suit un rythme assez prévisible. Quelques manifestations dès mars-avril quand la météo le permet, montée en puissance en mai, plateau de juin à septembre, puis extinction quasi totale à partir de novembre. L'hiver, il ne reste que les salons couverts et les brocantes de salle, beaucoup plus rares.

Les villages de la Côte roannaise et des Monts de la Madeleine concentrent leurs vide-greniers sur les week-ends d'été, souvent adossés à la fête patronale. Ce qui veut dire deux choses : buvette et sono garanties, et affluence importante en milieu de matinée. Arrivez avant.

Zone par zone, ce qu'on y trouve

Donner des dates fixes n'aurait aucun sens : elles bougent chaque année, et les organisateurs les arbitrent en fonction du calendrier des communes voisines. En revanche, la typologie des marchandises, elle, est assez stable d'une saison à l'autre.

Roanne centre et la couronne urbaine. Vide-greniers de quartier, associations sportives, comités de rue. Beaucoup de puériculture, de vêtements, de jouets. Le mobilier est rare parce que les exposants viennent souvent en appartement et transportent peu. Fréquentation dense, bonnes affaires possibles en fin de journée.

La Côte roannaise viticole. Renaison, Saint-Haon, Villemontais, Ambierle. Manifestations plus petites, plus rurales, avec du mobilier de ferme, des outils agricoles anciens, de la vaisselle et du linge. C'est le secteur où les surprises arrivent le plus souvent. C'est aussi celui où il faut arriver tôt : les professionnels y font le tour avant l'ouverture officielle.

Le pays de Charlieu. Territoire à forte identité patrimoniale, avec un tissu associatif actif. On y croise du mobilier de qualité, des livres, de la brocante d'intérieur. Ambiance plutôt calme, prix raisonnables.

La plaine et le sud du bassin. Autour de Saint-Germain-Laval, Balbigny, Saint-Just-en-Chevalet. Vide-greniers de village classiques, très généralistes, avec de l'outillage et du matériel de bricolage en quantité.

Trouver les dates réelles

Les annuaires nationaux de brocantes recensent correctement les grosses manifestations, et passent à côté de la moitié des vide-greniers de village. C'est un fait, pas une critique : personne n'a le temps de saisir trois cents événements associatifs.

Les sources fiables restent locales. Les sites des mairies et des communautés de communes, l'office de tourisme du Roannais, la presse quotidienne régionale du jeudi et du vendredi, les pages Facebook des comités des fêtes, et tout simplement les panneaux d'affichage à l'entrée des villages. Cette dernière méthode a l'air d'un autre siècle, mais elle fonctionne toujours aussi bien.

La méthode : ce qui change vraiment le résultat

Deux stratégies opposées, et il faut choisir. Si vous cherchez une pièce rare, précise, identifiée, vous devez être là à l'ouverture. Sept heures, parfois six trente sur les gros rendez-vous. Le beau matériel part dans les quarante premières minutes, souvent entre professionnels, avant même que les tréteaux soient stables.

Si vous cherchez la bonne affaire au sens économique, faites l'inverse. Passez en fin d'après-midi, vers seize ou dix-sept heures, quand l'exposant regarde son stock invendu et calcule ce qu'il va devoir recharger dans le coffre. À ce moment-là, les prix s'effondrent. Un lot de six chaises à quarante euros le matin peut se conclure à quinze le soir.

Le matériel à emporter tient en peu de choses : de la monnaie en petites coupures (sortir un billet de cinquante pour un objet à trois euros vous fait perdre toute marge de négociation), un mètre ruban, une lampe de poche pour inspecter les dessous de meubles, et des sacs solides.

Sur la négociation, un principe : proposer un prix, pas une critique. Dire « je vous en donne quinze » fonctionne. Dire « il est abîmé votre truc » braque immédiatement. Et si le vendeur refuse, laissez votre numéro. Il arrive qu'on rappelle en fin de journée.

Pour les meubles, quelques vérifications rapides évitent des regrets. Petits trous ronds et sciure fine : vrillette, à traiter avant de faire entrer chez soi. Placage qui cloque ou se décolle : réparation longue. Assemblages agrafés ou vissés : fabrication récente et bon marché, quelle que soit la patine. Et pour tout ce qui est électrique, exigez de brancher. Un vendeur sérieux prévoit une rallonge.

Les dépôts-ventes du bassin

Chiner et acheter d'occasion dans le Roannais : brocantes, dépôts-ventes et ressourceries du bassin

Mobilier et équipement de la maison

Les surfaces importantes se trouvent en périphérie roannaise, du côté des zones commerciales. Salons, tables, armoires, électroménager parfois reconditionné et garanti, décoration. Le stock se renouvelle en permanence, avec des arrivages presque quotidiens.

Conseil de méthode : ne cherchez pas pendant deux heures un samedi. Passez vingt minutes toutes les deux semaines. La probabilité de tomber sur ce qu'il vous faut est bien plus élevée en multipliant les visites courtes qu'en épuisant une visite longue.

Le textile et la seconde main vestimentaire

Sujet particulier ici, forcément. Le Roannais a habillé la France pendant un siècle, et il en reste quelque chose dans la culture locale du vêtement : on y regarde encore la qualité d'un tissu et la finition d'une couture.

Trois formules coexistent. La friperie au poids ou à prix unique, où l'on fouille beaucoup pour trouver un peu. Le dépôt-vente sélectif, qui n'accepte que des marques identifiées en très bon état et pratique des prix nettement plus hauts. Et la boutique solidaire, tenue par une association, avec des prix planchers et un stock aléatoire.

Ce qu'il faut contrôler avant d'acheter : les coutures sous les aisselles et à l'entrejambe (les zones qui lâchent en premier), l'état de la doublure sur les vestes et manteaux, le fonctionnement complet des fermetures éclair, et l'odeur. Une odeur de renfermé se lave. Une odeur de moisi ou de tabac incrusté, beaucoup moins. Regardez aussi l'étiquette de composition : un pull 100 % laine à huit euros est une affaire, un acrylique au même prix n'en est pas une.

Puériculture et jouets

Rotation très rapide, parce que les enfants grandissent vite et que les parents cherchent en permanence. C'est probablement le circuit où l'occasion est la plus rentable : une poussette utilisée dix-huit mois se revend correctement et s'achète à moins de la moitié du neuf.

Mais il y a des lignes rouges, et elles ne se discutent pas. Un siège auto d'occasion ne s'achète que si l'on connaît personnellement son histoire : un siège ayant subi un choc, même léger, même invisible, ne protège plus. Vérifiez également la date de fabrication moulée dans la coque, les plastiques vieillissent. Pour les lits à barreaux, l'écartement réglementaire est de 4,5 à 6,5 cm, et les modèles anciens ne respectent pas toujours cette norme. Quant aux matelas de berceau et aux tétines, on les achète neufs, point.

Déposer ses affaires : le mode d'emploi

Appelez avant de charger la voiture. Beaucoup d'enseignes fonctionnent sur rendez-vous, et refusent les dépôts sauvages du samedi après-midi.

Présentez des articles propres, complets et fonctionnels. Un meuble poussiéreux avec une porte qui ne ferme plus sera refusé, ou accepté à un prix dérisoire. Un vêtement lavé et repassé se vend, un vêtement froissé sorti d'un sac reste sur le portant. Ça paraît évident, ça ne l'est visiblement pas pour tout le monde.

Acceptez la sélection sans le prendre personnellement. Le dépositaire refuse ce qu'il sait ne pas pouvoir vendre, c'est son métier et son intérêt.

Enfin, faites le calcul honnêtement. Sur un meuble à cent euros avec 40 % de commission, vous touchez soixante euros, sans avoir géré une seule visite ni un seul appel. En vente directe entre particuliers, vous encaissez cent euros mais vous y passez du temps, vous recevez des inconnus chez vous, et vous supportez les rendez-vous annulés. Selon la valeur de l'objet et votre disponibilité, l'un ou l'autre gagne. Au-dessus de trois cents euros, la vente directe devient franchement plus intéressante.

Ressourceries et réemploi solidaire

Le maillage du territoire

Le bassin est correctement couvert sur son axe central, autour de Roanne et de son agglomération, avec des boutiques de réemploi associatives et des points de vente d'associations caritatives. Certaines déchèteries intercommunales disposent également d'un espace de dépôt dédié au réemploi, où l'on laisse ce qui fonctionne encore avant de jeter le reste.

Les zones rurales périphériques sont moins bien loties. Depuis les Monts ou le sud du bassin, il faut compter un déplacement. Ce qui, pour un don de plusieurs cartons, reste largement acceptable.

Donner plutôt que jeter

Les structures acceptent généralement le mobilier en état, le petit électroménager fonctionnel, la vaisselle, les livres, les jouets complets, les vêtements propres, la décoration, parfois les matériaux de bricolage. Elles refusent presque systématiquement les matelas, les sanitaires, les produits chimiques, les objets cassés ou incomplets, et tout ce qui présente un risque sanitaire.

Pour les gros volumes, notamment lors d'un déménagement ou d'une succession, certaines structures organisent un enlèvement à domicile. Il faut le demander à l'avance, et accepter un délai.

Une remarque qui a l'air anodine mais ne l'est pas : un buffet en bon état déposé en déchèterie sera compacté. Le même buffet déposé en ressourcerie repartira chez quelqu'un. Même geste, même quart d'heure de voiture, destination opposée.

Acheter en ressourcerie

Prix fixes, bas, et non négociables. Stock totalement imprévisible d'un jour à l'autre. Pas de garantie légale au sens commercial, mais les appareils électriques sont en général testés avant mise en rayon, ce qui n'est jamais le cas sur un vide-greniers.

Beaucoup de structures annoncent leurs arrivages sur les réseaux sociaux. S'abonner à leur page revient à recevoir une alerte quand un canapé ou un lave-linge arrive. C'est le meilleur moyen d'exploiter ce circuit sans y passer ses journées.

À qui ça s'adresse en priorité ? À quelqu'un qui équipe un premier logement, à un étudiant, à un budget serré. Pour meubler entièrement un studio, ressourcerie plus vide-greniers reste imbattable : on descend facilement sous les cinq cents euros pour l'ensemble.

Ce que ça change pour le territoire

Ces structures fonctionnent en majorité comme chantiers d'insertion. Elles emploient localement, forment, et remettent des personnes en situation de travail. Elles détournent aussi des tonnages significatifs de l'enfouissement chaque année, avec parfois des ateliers de réparation qui prolongent la vie des appareils.

Autrement dit, acheter d'occasion dans le Roannais ne relève pas seulement de l'arbitrage budgétaire. Il y a un effet local, concret, sur l'emploi et sur le volume de déchets. Ce n'est pas un argument marketing, c'est de la comptabilité.

Les savoir-faire qui font la différence

Reconnaître un bon meuble

Premier réflexe, regarder les chants et les zones non visibles. Le bois massif présente un fil continu sur la tranche, le panneau plaqué montre une fine pellicule collée sur un cœur différent, souvent aggloméré. Passez la main sous le plateau et derrière : c'est là que les fabricants économisent, donc c'est là que ça se voit.

Les assemblages racontent l'âge et la qualité. Tenon-mortaise, queue d'aronde, chevilles bois : fabrication soignée, réparable, qui a déjà tenu cinquante ans et en tiendra autant. Agrafes, vis à aggloméré, excentriques métalliques : mobilier industriel récent, dont la valeur de revente est nulle.

Méfiez-vous de la restauration ratée, plus fréquente qu'on ne croit. Un décapage trop agressif qui a ouvert les pores du bois, une teinte appliquée pour masquer un bouchage, un vernis polyuréthane brillant sur un meuble ancien : tout cela dévalorise durablement la pièce et se rattrape difficilement.

Dernier point, et le plus négligé : chiffrez la remise en état avant d'acheter. Un fauteuil à trente euros qui demande deux cents euros de tissu et cinq heures de travail n'est pas une affaire, c'est un projet. Rien de mal à ça, à condition de le savoir en montant l'objet dans le coffre.

Le linge ancien, spécialité locale

C'est le domaine où le Roannais offre le plus, et où le prix est le plus souvent sous-évalué par les vendeurs eux-mêmes. Draps en métis, torchons monogrammés, nappes damassées, coupons de tissu d'ameublement issus des anciennes fabriques.

Comment évaluer ? Tenez la pièce à contre-jour pour repérer les zones usées et les micro-trous. Vérifiez les ourlets et les angles, qui lâchent en premier. Les taches jaunes anciennes partent souvent après un trempage prolongé au percarbonate suivi d'un séchage au soleil, celles de rouille beaucoup moins bien.

Ce linge se réemploie très bien. Un drap ancien en métis fait des rideaux, des housses de coussin, des sacs, des torchons. Le tissu est plus dense et plus solide que la quasi-totalité de ce qui se vend neuf aujourd'hui.

Outillage et matériel technique

Une évidence pour ceux qui bricolent : un rabot, un ciseau à bois ou une scie égoïne d'avant 1970, correctement affûtés, valent mieux que l'équivalent neuf premier prix. L'acier était meilleur, les manches en bois se refont, et le rendu au travail n'a rien à voir. Comptez cinq à quinze euros la pièce sur un vide-greniers.

Pour les machines électriques, la règle est absolue : ça se teste, ou ça ne s'achète pas. Écoutez le bruit du moteur au démarrage, vérifiez l'état du câble et de la prise, faites tourner trente secondes. Une odeur de brûlé ou un ronflement irrégulier signalent des charbons ou un roulement en fin de vie.

Renseignez-vous sur la disponibilité des pièces détachées avant de vous engager sur une machine ancienne. Certaines marques disparues laissent des appareils magnifiques et absolument irréparables.

Les pièges classiques, sans détour

La fausse patine, d'abord. Un meuble « ancien » vendu comme tel mais fabriqué il y a quinze ans, cérusé et poncé aux angles pour faire vieux. Regardez les assemblages, encore une fois : ils ne mentent jamais.

Le meuble de style, ensuite. Une commode « Louis XV » fabriquée dans les années 1950 reste une commode des années 1950, et sa valeur n'a rien à voir avec celle d'une pièce d'époque. Ce n'est pas une raison pour ne pas l'acheter, c'est une raison pour ne pas la payer le prix de l'ancien.

L'électroménager sans notice ni accessoires. Un robot ménager amputé de la moitié de ses bols et couteaux ne vous servira à rien, et retrouver les pièces coûte souvent plus cher que l'appareil.

L'objet volumineux acheté sans mesurer. Le classique absolu. Ce buffet superbe qui ne passera ni la porte d'entrée, ni le virage de l'escalier. Mesurez chez vous avant de partir, notez les cotes sur votre téléphone, et emportez le mètre ruban.

Et puis le coup de cœur qui finit au garage. Vous savez, cette chose que vous avez achetée parce qu'elle ne coûtait rien et qu'elle avait un certain charme. Combien y en a-t-il déjà chez vous ? La question mérite d'être posée avant, pas après.

Le cadre pratique et réglementaire

Vendre soi-même sur un vide-greniers

Il faut s'inscrire auprès de l'organisateur, souvent plusieurs semaines à l'avance pour les manifestations recherchées, et signer une attestation sur l'honneur de non-participation à plus de deux ventes de ce type dans l'année. L'organisateur tient un registre des vendeurs, avec pièce d'identité, qu'il transmet en préfecture.

Vous ne pouvez vendre que des objets personnels usagés. Pas de marchandise achetée pour revendre, pas de production artisanale, pas d'alimentaire hors cadre autorisé. Sont également interdits les animaux vivants, les armes, les copies contrefaites et les produits pharmaceutiques.

Comptez entre cinq et quinze euros le mètre linéaire selon les communes, souvent moins pour les habitants du village.

Garantie, recours, sécurité

Entre particuliers, il n'existe aucune garantie légale de conformité. L'objet est vendu en l'état, vous l'avez vu, vous l'avez pris. Le seul recours possible concerne le vice caché, à condition de prouver que le défaut existait avant la vente et qu'il était indécelable, ce qui reste théorique sur un achat à vingt euros.

Chez un professionnel (dépôt-vente, brocanteur déclaré), la situation diffère : la garantie légale s'applique, réduite mais réelle, et vous disposez d'une facture. C'est ce qui justifie l'écart de prix.

Pour le paiement, l'espèce reste la norme sur les brocantes. Certains professionnels acceptent la carte. Sur les transactions entre particuliers organisées en ligne, méfiez-vous des demandes d'acompte avant rencontre et des liens de paiement envoyés par message.

Et arrimez correctement ce que vous transportez. Une armoire mal sanglée sur une galerie, c'est un accident en puissance, et c'est votre responsabilité.

Logistique locale

Les jours de grande manifestation dans le centre de Roanne, le stationnement devient sportif. Arrivez tôt, ou garez-vous en périphérie du périmètre et finissez à pied. Vous porterez peut-être un meuble sur trois cents mètres : c'est le prix à payer.

Dans les villages des Monts, l'accès se fait par des routes étroites et le stationnement se règle dans les prés en bord de route. Prévoyez large sur le temps de trajet, surtout au retour quand tout le monde repart en même temps.

Pour le mobilier volumineux, la location d'utilitaire à la journée reste la solution la plus simple. Plusieurs enseignes du bassin en proposent, y compris certaines grandes surfaces à tarif réduit. Réservez, surtout le samedi : en pleine saison, les fourgons partent vite.

Quel circuit pour quel besoin

Résumons de façon utilisable.

Équiper un logement entier avec un petit budget : ressourcerie en priorité, complétée par les vide-greniers. Comptez entre trois cents et six cents euros pour un studio ou un deux-pièces, en acceptant l'hétérogénéité du mobilier. Délai : deux à six semaines selon les arrivages.

Trouver une pièce précise et identifiée : brocante professionnelle et dépôt-vente spécialisé. Prix plus élevés, mais recherche efficace et conseil possible. Délai variable, de l'immédiat à plusieurs mois pour une pièce rare.

Habiller un enfant ou l'équiper : bourses aux vêtements saisonnières et dépôt-vente puériculture. Excellent rapport qualité-prix, forte rotation. Délai court, à condition de suivre les dates des bourses d'octobre et de mars.

Chercher la trouvaille, l'objet inattendu : vide-greniers de village, tôt le matin, dans les secteurs ruraux de la Côte roannaise et des Monts. Budget réduit, résultat aléatoire, plaisir garanti.

Vider une maison : ressourcerie pour tout ce qui fonctionne, dépôt-vente pour les pièces de valeur, vide-greniers pour le reste. Anticipez : les enlèvements à domicile se planifient.

Pour aller plus loin

Chiner n'est que la première moitié du sujet. La seconde, c'est ce qu'on fait de l'objet ensuite. Le bassin roannais compte encore des retoucheries, des cordonniers, des tapissiers et des réparateurs de petit électroménager, dont l'existence même dépend du fait qu'on continue à leur apporter du travail. Une veste ajustée à quinze euros transforme un achat moyen en pièce portée dix ans.

Des ateliers participatifs et des repair cafés se tiennent également sur le territoire, où l'on vient réparer soi-même avec l'aide de bénévoles. C'est gratuit, c'est convivial, et on y apprend souvent plus en deux heures qu'en dix tutoriels vidéo.

Enfin, la valorisation du patrimoine textile roannais reste un chantier vivant, porté par des associations et des créateurs qui réemploient les stocks dormants des anciennes fabriques. Marchés de créateurs, upcycling, expositions : le vieux tissu roannais n'a pas dit son dernier mot.

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